1949
Ier FESTIVAL DE LYON-CHARBONNIÈRES
22 juin au 3 juillet


Théâtre

25 et 26 juin, Grand Théâtre romain, Antigone de Jean Anouilh, mise en scène d’André Barsacq.

2 et 3 juillet, Théâtre de verdure du casino de Charbonnières, Robinson de Jules Supervielle, mise en scène de René Clermont.

Musique

22 juin, Casino de Charbonnières, récital du pianiste Geza Anda.

23 juin, Palais Saint-Pierre, Les Nuits de Gabriel Fauré et de Claude Debussy par Ninon Vallin et le Trio Trillat.

24 juin, Grand Théâtre romain, concert symphonique - Berlioz, Debussy, Ravel - par l’Orchestre du Festival sous la direction d’André Cluytens.

25 juin, Casino de Charbonnière, concert de musique de chambre et de mélodies par le Quintette à vent de Lyon, Ennemond Trillat, Maurice Duchon-Doris, Nadine Sautereu, George Jongejans et le Quatuor vocal Renaissance.

26 juin, Église Saint-Bonaventure, récital d’orgue par Marcel Paponaud.

27 juin, Casino de Charbonnières, concert de sonates - Schubert, Brahms, Debussy, Fauré - par Jeanne Gauthier et Jacques Février.

28 juin, Parvis de la primatiale Saint-Jean, Grand’Messe en si de Jean-Sébastien Bach par l’Orchestre et les Chœurs du Festival sous la direction de Jean Witkowski.

29 juin, Théâtre des Célestins, récital de Marian Anderson.

30 juin, Grand Théâtre romain, concert symphonique Beethoven par l’Orchestre du Festival sous la direction de Serge Celibidache, soliste Jacques Thibaud.

1er juillet, Primatiale Saint-Jean, récital d’orgue par Édouard Commette.

1er juillet, Casino de Charbonnières, concert de musique de chambre Schubert, Ravel et Debussy par le Quatuor Calvet.

3 juillet, Grand Théâtre romain, concert symphonique - Richard Wagner et Richard Strauss - par l’Orchestre du Festival sous la direction de Georges Sebastian.

Arts plastiques

23 juin, au palais Saint-Pierre, vernissage de l’exposition « Les Grands Courants de la peinture contemporaine, de Manet à nos jours ».

Commentaires

Jeudi 23 juin à 21 h 15 , ouverture du premier Festival Lyon-Charbonnières à la salle des fêtes du casino de Charbonnières, en présence de :
Georges Bassinet, président du comité actif du Festival et administrateur du casino ;
M. René Jullian, conservateur du Musée de Lyon ;
M. le professeur Wuilleumier, représentant la commission du Théâtre romain de Fourvière ;
M. Dubost, secrétaire général du Festival.
Cf. « Le Progrès », 24 juin 1949.

Vendredi 24, samedi 25, jeudi 30 juin, dimanche 3 juillet avec éclairage électrique
Beau temps. Beaucoup de monde à chaque représentation

« L’idée d’un Festival lyonnais ? Elle flottait dans l’air depuis longtemps.
On en avait parlé en 1939, on en avait esquissé les grandes lignes dès 1942 parce que le théâtre romain, lieu scénique incomparable, peu à peu dépouillé de son manteau de terre, appelait instinctivement une célébration et marquait sa vocation.
Nous étions quelques uns à avoir la foi. Il manquait l’essentiel : l’organisation, le meneur de jeu, l’appui financier. M. Simon, président du Syndicat d’initiative, fut l’homme qui, dès 1948, eut le courage d’oser, puissamment appuyé par M. Georges Bassinet, Président du Conseil d’Administration du casino de Charbonnières. Et c’est ce dernier qui prit le flambeau à la mort de M. Simon. Il le porta aussitôt bien haut. Avec une belle largeur de vues et une vive intelligence il créa, il organisa, il assembla. Le Festival de Lyon-Charbonnières était né.
 »
Robert de Fragny, plaquette « Le Festival 1949 », Festival Lyon Charbonnières 1949-1950-1951.

« Le Festival de Lyon-Charbonnières naquit en 1949 entre un tournedos Rossini et une glace Mimosa. Décor : un salon du casino.
Il y avait là en ce janvier 1949, Georges Bassinet, directeur du casino de Charbonnières, son second Rémo Bruni, M. Jullian, conservateur du Musée, maître Paul Dubost, secrétaire général, et les quatre conjurés amenés à animer les jeux du cirque. On construisit, on échafauda, on distribua les rôles : à Ennemond Trillat la musique de chambre, à Paul Camerlo, le lyrique, à Charles Gantillon le dramatique, et on me colla le symphonique et les relations de presse.
À ce titre me vint la mission d’écrire une préface lançant l’aventure, le coup de clairon, quoi !
Ainsi, ces colonnes mutilées et ces vieilles pierres vont revivre. Elles sont les témoins muets d’un grand moment de la civilisation latine. Elles constituent aujourd’hui un appel. Comment ne pas rebâtir des spectacles de qualité autour de si émouvants souvenirs ? Il faut que ce festival devienne un point de rencontre et une tradition. Il faut que chaque année des milliers de spectateurs frissonnent comme en ce jour, au contact des chefs d’œuvre de la parole et des sons, face à cette féerique toile de fond qu’est l’horizon infini d’un beau soir, lorsque les dernières lueurs estompent les lointains sommets des Alpes et les spiritualisent.
 »
Robert de Fragny, 50 ans de vie culturelle à Lyon, éditions SME Résonances, Lyon, 1982




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